Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 09:05

 

 Exposition Bernard Gousier    IMG 1968

 

 

 Ce mois-ci la galerie L’Art En Cœur accroche à ses hautes cimaises les dernières toiles monumentales de B.Gousier.

Fruit de deux années de labeur, ces œuvres nous interpellent autant par leur formidable dimension que par leur extrême dépouillement formel. Quelques touches judicieusement apposées en glacis diaphanes sur la surface brute de la toile de lin créent l’illusion d’un espace virtuel infini, relié à notre subconscient par le seul fait de nos globes oculaires providentiels, comme si nous assistions à un spectacle secret  que nul ne devrait entrevoir autrement qu’en songe. Le vertige saisit le spectateur à la vue de ces étendues abstraites qui habillent de leur nudité les murs vides de la galerie. Le silence et le respect s'imposent d'eux-même, les bavardages se taisent et c'est tête baissée que l'on contemple ces chef-d'oeuvres, un peu honteux de sa propre présence importune.

 Après s’être frotté aux plus lointaines avant-gardes de son temps, B.Gousier signe là son grand retour Parisien, soutenu par le groupe Norton Companies Investments qui l’a également chargé de la décoration de son siège européen du 16em arrondissement.  A l’évidence, l’Art de B.Gousier est de la trempe des génies visionnaires du passé et n’a pas à rougir des hardiesses formelles de son doigt. Sa récente exposition au Madoff Memorial Institute en est d’ailleurs la preuve.

 Une exposition majeure à découvrir de toute urgence mais sans précipitation inutile non plus.

 

Bernard Gousier, l’Art et la virgule, Galerie l’Art en Cœur, 2 rue Doublon, 75003. Entrée 2,5 €. 


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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 20:13

 

Jacques-Yves Bütte nous écrit de Sévarin-les-Flaques :

 

 

 Cher Docteur,

 

 Ces temps-ci, je fais l'amour avec une planche.  Je vous vois venir; vous vous dites que j'ai percé un trou dans la planche et que... Non, vous n'y êtes pas, c'est beaucoup plus subtil que ça.
Pour faire l'amour à une planche, voici comment je procède : tout d'abord je choisis une robuste planche de coffrage, une planche de bon maçon, rien de sophistiqué, surtout pas d'acajou ou de palissandre, rien que du très ordinaire. Ensuite, la planche et moi nous nous allongeons côte à côte dans l'herbe d'un jardin public (le fait qu'il y ait du monde autour de nous est un gage de réussite) et nous attendons en silence. De longues minutes se passent sans qu'on ne voie rien de notable. Petit à petit cependant, mon corps devient insensiblement plus dur et toutes les fibres de mes muscles s'alignent dans le même sens; je me lignifie jusqu'à atteindre un état proche de celui du bois, identique en robustesse et en densité. Une fois que je suis totalement du même bord que la planche, l'accouplement proprement dit peut avoir lieu, bien qu'il soit peu spectaculaire (en passant vite, on pourrait croire que je fais la sieste). La jouissance inouïe que procure la volupté des planches est difficilement imaginable pour ceux qui ne l'ont pas vécu. Lorsque je me relève de l'herbe avec ma planche sous le bras, je suis un autre homme. Je suis presque transparent.
On peut, en usant du même procédé, faire l'amour avec des meubles anciens ou des vieilles dames, mais l'effet est moindre, et les désagréments nombreux, comme vous vous en doutez.

 Pensez-vous que ma santé coure un risque ? Je pense aux échardes certes, mais j’ai également peur de rester bloqué à l’état de planche.

 Dois-je perdurer dans cette forme de sexualité ou dois-je opter pour une forme d’ébénisterie plus chaste ? Merci de m’éclairer.

 

La réponse de notre spécialiste en bois, Nadine Pimpon :

 

 Cher Monsieur,

 

Les bûcherons de la Forêt-Noire ont pour proverbe « Donnez-nous un billot et une hache, nous vous fournirons le coupable ! ».

 Il y a chez vous, je pense, un syndrome de castration lié à une absence du Père que vous avez transposé en un complexe Père-Planche, lequel a engendré probablement chez vous des pulsions homosexuelles refoulées que vous sublimiez enfant en rabotant symboliquement votre Moi-Phallus sur la surface rugueuse d’un buffet Louis XV pendant que l’amant de votre Mère hurlait « Tiens, voila du boudin » chaque fois qu’il la sodomisait , d’où votre Œdipe en forme de tire-bouchon.

 En résumé, vous êtes un immonde porc malsain et irrécupérable.

 Prenez vos planches et allez bricoler ailleurs.

 

 


 

 


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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 14:36

 L'hiver approche, et il n’y a plus grand chose à grignoter dans votre garde-manger. Votre manie incessante d'inviter des gens à venir ripailler midi et soir vous à conduit à la famine. Toutefois, dans un sursaut de générosité, vous décidez  à nouveau de lancer une invitation à des lointains cousins que vous n'avez pas vus depuis des lustres. Vous avez le sens de la famille et ceci vous honore, mais qu'allez-vous donc leur préparer, démuni comme vous l’êtes ?

 Une idée simple et savoureuse peut vous venir en aide: Les escargots surprise. Cette recette nous vient de la nuit des temps, et elle n'a rien perdue de son efficacité, ni de son obscurité, bien au contraire.

 Voici comment procéder: Commencez par ramasser de bons gros escargots dans les champs à l'entour et faites-les baver d’envie en leur promettant de la laitue. Une fois qu’ils ont montré leurs cornes, extirpez-les sans ménagement de leur coquille. Réservez la chair et commencez la préparation de la farce. Pour cela, ramassez tous les quignons de pain rassis que vous pourrez trouver et réduisez-les en chapelure grossière. Ajoutez ensuite quelques vieilles patates terreuses, quatre gousses d'ail, une livre de saint-doux, puis mélangez bien le tout. Salez, poivrez. Passez alors la chair des escargots au mixer jusqu'à l'obtention d'une bouillie fluide et sans grumeaux, c'est important, que vous ajouterez à la farce. Liez bien le tout à l'aide d'une spatule en bois et remplissez les coquilles de ce beau mélange brun. Mettez ensuite au four, thermostat 7, pendant une demi-heure. Servez dans un grand plat en faïence et accompagnez avec des touffes de chiendent bouilli.
Mais, me direz-vous, où est la surprise ? Elle est dans l'expression des visages de vos cousins lorsqu'ils avalent la première bouchée.

 Et vous pourrez constater qu’une fois la surprise passée, il est bien rare qu’ils restent jusqu’au dessert. Votre honneur est sauf, vous avez accompli votre devoir et personne ne pourra vous reprocher d’avoir affamé ces gens là. De toute manière, ce sont des cousins sans instruction qui vivent au-dessus de leurs moyens, et leur snobisme marqué ne fera que renforcer l’estime que vous portent vos enfants affamés qui, eux, avaleront sans sourciller vos délicieux gastéropodes.

 

 


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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 00:49


Jardiner est une corvée. Prenez un jardinier.


Faire le ménage est une corvée. Prenez une femme de ménage.


Travailler est une corvée. Prenez un ouvrier.


Gagner de l’argent est une corvée. Prenez la caisse.


Réfléchir est une corvée. Prenez un intellectuel.


Ecrire un roman est une corvée. Prenez un nègre.


Manger est une corvée. Prenez un gros.


Faire caca est une corvée. Prenez un chieur.


Faire pipi est une corvée. Prenez une pisseuse.


Lécher les bottes est une corvée. Prenez un lèche-cul.


Tromper sa femme est une corvée. Prenez une maîtresse.


Dormir est une corvée. Prenez une femme.


Faire l’amour est une corvée. Prenez un somnifère.


Siroter des cocktails raffinés est une corvée. Prenez un verre de vin.


Ramper dans la boue au milieu des barbelés est une corvée. Prenez un légionnaire.


Conduire votre voiture est une corvée. Prenez le bus avec un légionnaire.


Être malade est une corvée. Prenez un bon notaire.


Mourir est une corvée. Prenez votre temps.


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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 21:53

 



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 Coup de tonnerre dans le landerneau de la poésie contemporaine : une malle contenant des textes inédits de Jean Chapoutin a été retrouvée au domicile de sa mère, avec laquelle l’auteur a vécu la majeure partie de sa vie. C’est au cours des travaux visant à restaurer la maison natale du poète -afin d’en faire un Centre Européen du Vers- que le trésor a été découvert. Une masse de documents inédits, essentiels pour la compréhension du cheminement intellectuel de celui qui a révolutionné la technique de la sieste littéraire, voit ainsi le jour grâces aux mains profanes de quelques maçons incultes. Soulignons d’ailleurs que ces rustres s’apprêtaient à utiliser les précieux manuscrits pour allumer leur barbecue de midi, mais que l’odeur pestilentielle dégagée par ces vieux papiers bituminée et enduits de saindoux (une méthode de conservation originale élaborée par Chapoutin lui-même, d’après une recette ancestrale Margouilloise) les a poussé à éteindre tout de suite le feu et à appeler à l’aide un couple de linguistes qui se trouvaient sur les lieux par hasard.  En effet, les époux Marchoulme ont tout de suite vu le formidable potentiel langagier contenu dans ces papiers gras et se sont mis aussitôt à hurler au génie, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des forces de l’ordre qui ont aussitôt procédé à leur interpellation avant de les relâcher contre la promesse qu’ils soient plus polis désormais.

 C’est ainsi qu’après bien des péripéties, et un bain prolongé dans le perchlorate de manganèse en solution à 20%, les précieux documents nous sont finalement parvenus à peu près intacts, livrant leur précieux contenu sémantique à tout vent, comme le pissenlit d’une célèbre marque de dictionnaire bon marché.

 C’est avec une émotion certaine que nous distillons et égouttons dans ces pages quelques extraits de cette semence littéraire, cette juteuse sève à laquelle se sont désaltérés tant de générations de poètes assoiffés de reconnaissance.

Mais place au Verbe :



 

L’étang des soupirs

 

Il y a dans ma barque

Je ne sais quelle entrave

Ou bien sont-ce les Parques

Qui font que je bave


Mais l’onde légère des flots

Entraîne dans son sillage

Les douleurs de mon dos

Autant que le paysage


J’aperçois dans la brume

Votre visage défait

La faute à un rhume

Qui hante ces marais


J’irais moucher ce nez

Aux coulures vermeilles

Comme un soldat en paix

Butinant ses bouteilles


J’aborde ainsi ce soir

Cette rive douce à l’âme

Ce château de torpeur


Où s’échoue l’espoir

D’une vieille flamme

Calcinée de langueur.

 

 

Il semblerait que ce petit sonnet fut composé pour Madeleine Rabu, riche et unique héritière d'un grossiste en peaux de poisson vernies, sur laquelle il faut l'avouer, Chapoutin avait quelques vues non dénuées d'intérêts. Cette idylle fut brève et sans lendemain.


 

 

 Comment ne pas glisser ici également ce somptueux poème en prose écrit lorsque Chapoutin, tombé amoureux du fils de la Comtesse Du Baril, voulut s’engager comme ramasseur de champignon du Roy dans les caves humides du château. Cette passion orageuse entre les deux tourtereaux laissa des traces indélébiles, et c’est criblé d’éclairs que Chapoutin du finalement se résoudre à retourner vivre chez sa mère.



La chimie des chimères

 

  Il y a en ces pierres je ne sais quel ciment qui scelle prestement mes paroles sitôt qu’elles franchissent l’émail éclatant de mes dents et l’ourlet gracieux de mes lèvres purpurines.

 Ô murs infranchissables des mots, murmures impuissants à calmer les pulsations de mon cœur immense, allez au diable et laissez-moi crier mon silence sanglant à la face du Créateur !

 Ô toi, Amour, jeune éphèbe à la nuque musculeuse que j’appelle de mes vœux, Ô toi, petit Pan trapu à la forte carrure et aux cils de biche, viens me délivrer de cette nuée esclave des cryptogames, de ces nains laborieux à la solde des basidiomycètes blafards dont je fais chaque soir mes lugubres repas. Puisse tes coups de boutoirs briser le granit félon qui me retient captif et m'apporter la lumière dorée et l'odeur des champs de blé!

 Mais j’ai appelé mes bourreaux, pour, en périssant, mordre la anse de leurs paniers. Adieu soleils, vents et pâtés, je me meurs d’une jeunesse moisie sans la joie d’avoir su être aimé pour moi-même comme jadis le faisait ma mère solitaire.




On prend désormais d’avantage conscience de la portée universelle de l’œuvre de Chapoutin, œuvre dont la complexité croissante et les ramifications inextricables font de plus en plus penser à un plat de spaghetti tiède qu’un cuisinier invisible aurait, dans un élan de tendre complicité, volontairement oublié d’assaisonner afin que nous l’accommodions au gré de notre fantaisie créatrice. C’est le non-dire au service du non-faire, car le non-faire, c’est les autres. Autant se reposer.

 

 

Illustration: Le poète fou de désir est sur le point de faire une fulgurante déclaration d'amour à Madeleine De Commerçy lorsqu'il se rappelle qu'il est déjà amoureux de Marcel Proust, et qu'il vaut mieux être prudent car son compte en banque est déjà dans le rouge, pas la peine d'avoir des agios supplémentaires, surtout que son dernier livre sur les tardigrades se vend assez mal.

 



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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 09:23

 

 

LE SEXE DU PAPE, à sa naissance, est déterminé par l’alimentation de ses parents. Ils aiment le saucisson, les frites, et les rillettes ? Ce sera une fille. Ils ne mangent que des fanes de radis bouillis et des glands germés ? Ce sera un imbécile.

 

MOZART était un génie. C’est lui qui a eu l’idée le premier de rajouter une queue à un piano.

 

ZIDANE était un nom très répandu chez les anciens Aztèques. Dommage que son nom ne soit pas zoomologué pour jouer au scrabeul.

 

LES BERGERS ALLEMANDS ne savent pas aboyer correctement. Ils disent Waffen au lieu de Ouaf.

 

ON A RETROUVE le père de Daniel Guichard. Il ne s’appelle pas Monvieux mais Sylvain, et en plus il ne porte pas de pardessus usé, mais un débardeur en astrakan flambant neuf.

 

LA BROUETTE était au départ un instrument de musique auvergnat. Ce n’est que plus tard qu’on lui a ajouté deux bras et une roue pour se déplacer plus vite d’un concert à l’autre.

 

SUPERMAN n’a rien compris à Nietzsche.

 

 

 

 

 



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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 21:11

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CRISE : BIENTÔT LE BOUT DU TUNNEL

Par Frédérique Mâche

 

 Qu’on se le dise, la crise que nous traversons est bel et bien une crise d’origine purement sémantique, et c’est précisément du choix juste des mots que découlera la solution des problèmes engendrés par le désordre verbalo-financier qui nous rend si obtus l’énoncé de la démonstration qui va suivre. Car il y a en effet dès le départ de toute cette affaire le problème de ces mots qui n’ont pas été assez mis en valeur à l’aide d’un surligneur Stabilo jaune fluo. Je cite cette marque mais une autre aurait tout aussi bien fait l’affaire, de même que la couleur qui eut pût être rose, ou beige, bien que je ne sois pas sûr que cette dernière couleur figure au nuancier classiquement attribué à ce genre de feutre ; il est donc primordial de bien faire comprendre que dans le cas présent, l’aspect strictement matériel des choses  -c'est-à-dire l’ensemble des objets soumis à l’intellection des lecteurs et les relations particulières qu’ils entretiennent entre eux et qui les rendent familiers ou non avec le concept des diagrammes en patate dénués de tubercules comestibles, mais cependant digestes- est totalement accessoire et ne sert qu’à embrouiller une situation déjà fort scabreuse par nature, aggravée encore par l’étirement abusif et arbitraire d’une langue techniquement proche de celle du caméléon mais moins performante au niveau des mouches, ce qui me donne l’outrecuidance d’insister sur le fait que peu importe. Attention : n’en déduisez cependant pas trop vite que c’est du pareil au même, car le même que nous nommons identique n’est pas pareil au semblable des gens qui nous ressemblent -comme les Suisses par exemple, car eux-mêmes puisent leur apparence grotesque dans une singularité typiquement folklorique qui nous la fait paraître passablement irréelle alors qu’il s’agit en fait d’une image inversée de nos propres travers mise à luire sous la lentille de l’analyse structurelle de nos différences en matière d’accent bancaire. Et puis les Suisses sont sympathiques alors que les autres parleurs de langues étrangères sont parfois arrogants avec leurs phonèmes incohérents qu’ils éructent en vain (et qu’ils essayent de faire passer pour un langage articulé), alors qu’ils sont bien souvent incapables de nous aider financièrement. Autant les éviter, mais pas tous, si nous ne voulons pas passer pour des rabat-joies avides de gains faciles, langagièrement parlant. Mais foin des Suisses, attardons-nous plutôt sur ce fameux phénomène central de l’épineuse problématique des phrases trop longues formées de mots étymologiquents douteux, voire de néologismes approximatifs qui ont tendance à faire surperformer d’anodines phrasettes sans véritable envergure, mais qui, de la sorte dopées  par l’élégance absconse que leur procure ces superlatifs habiles, deviennent dans la cavité buccale de certains experts en conversation une arme redoutable en terme de harassement cérébral dont les femmes de ménage de plus de cinquante ans sont fréquemment les victimes désignées, pour ne pas dire obligées, quoique c’est leur faute si elle n’ont pas fait d’étude, souvent à cause d’un manque d’ambition héréditaire doublé d’une légère tendance à l’obésité et à la fainéantise, prédisposition que l’on retrouve du reste chez ces gros porcs sympathiques que sont les éléphants de mer qui, faute de mieux, pourraient également servir de sujets témoins pour notre analyse s’ils n’étaient pas si encombrants et imprévisibles. Il faut également tenir compte du degré de politesse relativement bas de ces animaux et de la nécessaire présence d’une plage en pente douce indispensable à leur épanouissement (chose très difficile à obtenir dans le cadre étriqué des locaux des organismes financiers classiques) pour s’apercevoir qu’il est plus aisé de délocaliser la femme de ménage dans un environnement similaire à celui des pinnipèdes cités ci-dessus, (en antarctique avouons-le, ou pour le moins un antarctique reconstitué à l’aide d’une climatisation ad hoc) afin de prouver que la nouvelle espèce ainsi crée (la femme de ménage de mer malpolie) est frileuse et s’enrhume si facilement qu’il est aisé de la licencier pour incompétence en matière de nettoyage de plage en pente douce. Pourquoi tant d’efforts me direz-vous pour se débarrasser de ces êtres incongrus créés dans un élan altruiste et désintéressé? Mais pour les mieux intégrer aux schémas classiques de l’évolution dans le but de les dépoussiérer et de souligner le parallèle troublant qu’ils entretiennent avec le modèle économique, grâce au processus audacieux qui consiste à formuler les mots avant les idées, comme la faim précède l’appétit et de la même manière que les mets les plus somptueux jaillissent de la carte d’un restaurant avant d’être vomis au moment de l’addition. Car c’est en effet l’esprit et l’estomac vide qu’il nous faut appréhender maintenant la notion de tube creux, notion centrale qui, nous le verrons plus loin, va bouleverser durablement notre vision de  l’ordre économique mondial. En effet que serait un tube s’il n’était pas creux ? Une bien pauvre chose en vérité. Un gourdin maladroit sorti de l’obscurité du moyen-âge, un mauvais bâton ou une tige grossière à peine bonne à battre les bossus qui lambinent sur les chemins de nos campagnes, avec, sur leurs dos cabossés justement, leurs sacs de riz infestés de charançons, pauvre tige qui ne peut rivaliser avec l’exquise creusitude du cylindre providentiel qui nous préoccupe ici. Nous passerons rapidement sur les innombrables applications qui ont jalonnés l’histoire de cette invention au cours de l’Antiquité, depuis le tuba d’Archimède qui lui sauva la vie dans sa baignoire fameuse, jusqu’à la paille avec laquelle Napoléon dans sa jeunesse sirotait sa grenadine la veille de la bataille de Polochon, les exemples sont si nombreux que nous avons la flemme bien légitime de les exposer présentement. Revenons à la notion même de creusitude économique et essayons de formuler un théorème acceptable pour la tubulure du bâton, théorème qui devrait nous permettre de sortir de l’impasse conceptuelle dans laquelle se trouve confronté les gens qui luttent contre les Chinois à bas prix, grâce à l’écoulement des flux contenus dans le tube provisoirement bouché du libre échange, et qui donc retourne de fait à son état natif de bâton à battre les bossus, ce qui est une régression manifeste. Il suffit donc -c’est si simple que nous en pleurons encore- de souffler* un grand coup pour déboucher sur une solution acceptable pour tous et sans éclabousser les susceptibilités particulières des différentes nations de Chinois qui complotent fourbement dans notre dos, mais qui sont nos amis, même s’ils ne sont pas complètement Suisses (ils peuvent le devenir, ce n’est qu’une question de régime alimentaire).  Le théorème que nous formulons est donc que nous sommes le bouchon de nos propres tuyaux et qu’il n’appartient qu’à nous de libérer le flux trop longuement retenu en otage par nos amis, grâce au souffle littéraire technologique et concis que nous avons exposés plus haut, pour rétablir notre belle creusitude interne.  Il y a bien sûr des limites à cette méthode, non pas qu’elle soit inapplicable à certains mais plutôt que certains rechignent à l’adopter par jalousie, nous pensons notamment à certains pays Amérindiens du nord où les gens sont trop gros et trop bouchés, ce qui fait d’eux de sympathiques asthmatiques, certes, mais qui boudent sans raison nos succès, alors qu’ils ont permis de sauver plusieurs départements de la ruine annoncée, et même d’enrichir certaines sous-préfectures réputées imprenables autrement que  par les sentiments. Car n’oublions jamais que commerce sans conscience des sous n’est que ruine tout court, et que celui qui introduit la paille dans l’œil de son voisin pour en récolter les larmes se désaltérera du malheur des autres et devra semer le vent afin d’entraîner les turbines de son  éolienne, à condition que le kilowattheure lui soit racheté au juste prix, celui du secret bancaire, ce qui prouve bien que l’énergie est renouvelable, mais pas le voisinage, à moins d’être en Suisse et de posséder des éoliennes silencieuses et de taille modeste.

 

 

*On nous objectera qu’on peut aussi aspirer le bouchon, mais le risque d’étouffement est grand et le gain en efficacité n’est pas prouvé, il faudrait mener de couteuses expériences complémentaires sur des Luxembourgeois par nature hostiles à ces méthodes modernes d’inquisition.

 

 

 


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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 09:20

Critique littéraire, par Julien Jérôme

 

 

« Le cœur en bouillie bordelaise » un roman de Jean-Claude Delafosse.

 

« Les hommes, c’est comme les mouches : quand y’en a trop, c’est que ça sent mauvais, il vaut mieux s’en aller, ou alors traiter avec un fongicide puissant. »

 Ainsi commence cet étrange récit que nous livre Jean-Claude Delafosse. Le ton est donné. Bouleversant les règles du genre, Delafosse, dont le récent prix Rustica ne semble pas avoir émoussé la plume, signe ici une fable somptueuse et féroce qui n’épargne ni le héro, ni le narrateur, et encore moins le lecteur. Nous sommes pris dans un maelstrom de désespoir pulsionnel qui ne nous laisse aucun répit. C’est la rencontre de deux solitudes sous le soleil implacable du potager, la guerre civile en toile de fond, la misère, la maladie et, bien entendu, la mort brutale entre deux plants de tomates en guise de dessert. A part un court intermède tragi-comique dans une jardinerie en flamme, aucune lumière ne filtre de cette œuvre noire, rugueuse, étouffante comme une serre obscure, et tout le monde meurt à la fin car c’est bien fait, voilà, c’est bien fait pour vous.

Delafosse nous fait donc comprendre que « Fallait pas commencer d’abord ! » comme semble nous mettre en garde son héroïne dès la première page. Et c’est vrai qu’une fois pris dans l’engrenage des mots, on regrette, et qu’à la fin c’est bien fait. On vous aura prévenu. Tant pis pour vous.

7850 pages. Aux Editions du Ménisque.


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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 09:01

MARLOCKIANSTOFFINOIS  KOUSSIAVINORBUCHASTAMUCHK a un nom à coucher dehors. Dès qu’il couche dedans, sa femme se met à hurler et il est obligé de retourner dormir devant chez lui, en compagnie de sa maîtresse Natoubiliastavigoune Zapoucrinostibuléon.


LA GRANDE MURAILLE DE CHINE a été construite par des Japonais en vacance lors du grand week-end de la Toussaint de 1856. La légende veut qu’ils aient inscrit un message secret en braille sur ses flancs. Des hordes d’aveugles de tous les pays palpent ainsi les parois de l’édifice à sa recherche, ce qui encombre inutilement les routes secondaires du pays.

 

LES SOUCOUPES VOLANTES que l’on a aperçu dans le ciel de Boston la nuit du 15 avril 1938 n’étaient en fait que de vulgaires disques de Tino Rossi jetés depuis un building par des garnements étrangers couverts d’acné. Le Shérif Malikou les a interpellé et les a obligé à se passer une lotion contre les boutons et les points noirs avant de les électrocuter un par un.


LA PLUS VIEILLE CREVETTE jamais pêchée à la ligne s’est éteinte à l’aquarium public de Bucarest à l’âge de 120 ans ! Une paëlla géante a été organisée en son honneur, en présence de nombreux admirateurs anonymes, ou simplement gourmands.


LES CONTES D’ANDERSEN ont en fait été écrits par les anciens Egyptiens. La traduction qu’en avait faite Champollion fut dérobée par ce fourbe Andersen avant que notre égyptologue national ne puisse les faire publier sous le titre de « Fables de la Rosette ». On reste sans voix devant un tel plagiat, d'autant plus qu'il est facile de deviner le visage de Cléopâtre sous les traits grossiers de la Petite Sirène. Rajoutez une queue à une morue, cela restera une morue.


LE DISQUE LE PLUS VENDU AU MONDE est désormais introuvable. C’est le paradoxe du succès.


LES VELIPLANCHISTE DE L’ILE DE PAQUES taillent eux-mêmes leurs planches dans le granit des falaises, puis ils se jettent à l’eau et on ne les revoit plus. Cela donne des plages d’une grande quiétude.


LE MOINEAU COMMUN, serait le descendant le plus proche du diplodocus, toute proportion gardée. Ce dernier se nourrissait en effet de miettes de pain que lui distribuaient les vieilles dames préhistoriques, et venait déposer ses fientes à la terrasse des bistrots fossiles.


LES FEMMES-TAMBOUR du Malawi peuvent avaler des sandwiches au jambon pesant leur propre poids en cornichon ! Elles portent des chemises bariolées de mauvais goût pour plaire aux hommes-trompette du Burkina-Faso voisin, reconnaissables à leurs étuis péniens en forme de clarinette.

 

 


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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 19:57

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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 19:27

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 22:03

 

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Décidément, ce siècle est celui de Chapoutin. Alors que viennent juste de paraître ses « Elégies tempérées pour frimas estival » chez Labutte-Frongière, voici que Dalmin-Cavou publie son récit onirique (et injustement oublié) « Le pantalon de cire », que saluèrent en leur temps Rémual et René Samba dans la revue Malabar.

 C’est un Chapoutin inédit qui se révèle à nous avec cet ouvrage. On le croyait cantonné au genre précieux du badinage rural, et le voici qui nous surprend avec cette prose poétique surgie de son inconscient fiévreux.

 L’intrigue est simple : un ouvrier agricole oublie un jour de mettre son pantalon avant d’aller glaner aux champs. C’est alors une suite de quiproquos à qui mieux-mieux qui déroule son tapis d’anecdotes sur le qu’en-dira-t-on des mentalités. Une gifle à la société bien-pensante de l’époque qui considérait alors le pantalon comme indispensable au progrès social.

 Chapoutin balaye tout ça d’un revers dédaigneux et signe un pamphlet mémorable où se côtoient les grands de ce monde en pyjama moderne.

 A la fin, le héro, excédé par les remarques désobligeantes de ses contemporains, décide de s’épiler à fond et opte pour un pure clean total glossy en bâtonnets solubles qui le transformera en centaure de cire, les jambes complètement recouvertes d’une épaisse couche de crème dépilatoire.

 Incapable de bouger, il mourra de faim et de soif sous les quolibets de la foule qui ne voyait en lui qu’un poilu imberbe.

 Il y a certes de l’amertume dans ce texte touffu et disruptif, mais aussi de la paresse et de l’indolence, proche parfois du je-m’en-foutisme d’un Landéan, mais avec la verve d’un Butillot.

 Un ouvrage de toute façon incontournable pour qui veut prendre les raccourcis de l’autoroute de la gloire poétique.

  Pantoufle d’or en 84, l’ouvrage est réédité en une version augmenté et raturé, commenté par la veuve de Guy Lux, dont le célèbre mari doit son pseudonyme à l’incroyable imagination de Chapoutin. La boucle est bouclée, la bouche est bouche bée.

 

 

Illustration: Jean Chapoutin scrute de son regard perçant mais gonflé d'espoir la meurtrière horizontale de la boîte aux lettres dans laquelle il va glisser son nouveau manuscrit adressé aux redoutables Editions de La Termitière.

 

 

 

 

 


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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 11:49

LE CHIEUR DE RONDIN

 

 

 

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Bronze coulé en 1882. Collection de l'artiste.


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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 10:15

 

BEIGNETS DE SOURIS

 

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C’est le printemps et vous voulez épater les quelques amis qui ont survécu à l'hiver avec une recette qui serait à la fois originale, conviviale et délicieuse.

 Rien de tel qu’une bonne friture de souris pour mettre tout le monde dans sa poche !


Voici quelques conseils pour bien réussir votre soirée.


Tout d’abord, choisissez avec soins vos souris chez le charcutier. Il faut qu’elles soient bien blanches et bien fermes. Pas question d’utiliser des souris congelées comme on a pu le dire ici ou là, elles ne tiennent pas la cuisson et leur chair est filandreuse. La qualité d’abord. Si votre bourse le permet, prenez des souris blanches Label Rouge, si possible vivantes.


 Passez les souris sous l’eau pour les nettoyer et veillez à bien les essuyer pour qu’elles ne prennent pas froid. Au besoin, frictionnez-les à l’alcool de betterave. Inutile de les peler.


 Trempez-les ensuite dans une pâte à beignet pas trop épaisse, puis, en les tenant par la queue, maintenez-les quelques secondes dans un bain d’huile bien chaud. C’est la partie amusante de la recette ! Celui qui perd sa souris a un gage !


Les visages de vos amis rayonnent, on vous fait un triomphe.


N’oubliez pas d’accompagner ce plat d’une bonne bouteille de Tripoff !

 

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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 08:56

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On le sait peu, mais Adolph Hitler s’était pris de passion pour les cochons d’Inde vers la fin de sa vie. Il en possédait deux qu’il avait prénommé Frida et Günther. Il avait chargé son architecte Albert Speer de faire construire pour eux une cage gigantesque qu’il avait baptisé « Hamsteria ». Une roue à aube géante trônait au milieu des colonnades et des frontons néoclassiques, tandis qu’un dôme de marbre abritait une mangeoire colossale. Malheureusement, les deux rongeurs finirent un jour par s’échapper en Suisse, laissant le führer dans une rage folle. Par dépit, il fit raser Hamsteria par un commando spécial avant de rappeler son ambassadeur de Genève. La guerre contre la Suisse ne fut évitée que de justesse, parce que bon, quand même, ils font du super chocolat, ne l’oublions jamais.


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